Les Jardins des 12000: Frédéric Brodard

Collaboration artistique: Frédéric Brodard

Frédéric Brodard a été présent lors des premières heures de création du Jardins des 12000.  «Nous avons épaulé le metteur en scène Stéphane Thies dans le questionnement dramaturgique de l’œuvre lors d’une semaine de résidence. Il s’agit d’une étape cruciale afin de pouvoir monter le projet avec une totale cohérence artistique», explique-t-il, ravi de prendre part à l’aventure. «Les projets menés par Stéphane sont toujours empreints d’humanité et d’humour. C’est un combo gagnant pour moi et j’aime contribuer à ce genre de projet. J’ai également contribué à certains projets d’envergure similaires aux Jardins et j’étais heureux de partager mon expérience avec Stéphane», complète Frédéric Brodard, qui se décrit comme un artiste touche-à-tout. «Autant comédien que chanteur, metteur en scène, producteur ou enseignant. J’aime la pluridisciplinarité. Mon style fétiche est la comédie musicale que j’affectionne particulièrement.»

Du tac au tac

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Toujours un endroit où il fait bon vivre rempli de personnalités attachantes et bienveillantes… finalement pareil qu’aujourd’hui!

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Beaucoup. C’est vraiment une super food pour les humains. Ce spectacle a du sens!

Comment j’ai découvert les Jardins?

À travers la passion de Stéphane qui a su me faire découvrir l’extra-ordinaire épopée des Jardins! 

Les Jardins des 12000: Emeline Beuchat

Collaboration à la mise en scène: Emeline Beuchat

Emeline Beuchat a plusieurs casquettes dans les Jardins des 12000 : membre de la Confrérie, elle joue le rôle de l’Impératrice mais a aussi collaboré à la mise en scène, une première pour elle. «J’ai épaulé Stéphane Thies pendant les répétitions, mais aussi en ce qui concerne les autres aspects artistiques du projet, par exemple les décors. Lors des répétitions, j’ai donné mon avis sur les scènes, le jeu d’acteur, le rendu des scènes de foule. J’ai aussi pris en charge l’apprentissage de la chorégraphie aux participants, étant plus à l’aise pour la danse que Stéphane!», sourit-elle.

Le casting a eu lieu en septembre 2025, les premières répétitions ont commencé peu après. «La première fois qu’on a pu faire un filage complet m’a marquée. C’est formidable de voir le tout prendre forme, et en même temps, on se rend compte de tout ce qu’il y a encore à travailler pour que le rendu final soit au top», souligne la Jurassienne, qui a pris énormément de plaisir à participer à l’aventure. «Les meilleurs projets sont ceux qu’on fait avec les potes. On s’amuse sur scène autant que pendant les répétitions et je sais que pour le public c’est un plaisir de voir des comédiens qui jouent vraiment, dans tous les sens du terme.»

Devant vous ce soir, Emeline Beuchat sera l’Impératrice. «Ce rôle m’a donné envie dès la première lecture du texte, c’est donc une joie de l’interpréter. C’est toujours intéressant de jouer un personnage qui a du pouvoir et qui fait peur. Je n’ai plus envie d’être la jolie princesse qui, encore trop souvent, sert juste à être belle; ce qui m’intéresse ce sont les figures féminines qui se battent pour elles-mêmes et qui assurent! l’Impératrice n’est sûrement pas une enfant de choeur, mais c’est ce qui la rend encore plus intéressante», souligne l’actrice, pour qui la grande force des Jardins sont les scènes de groupe. «Avoir 80 personnes qui prennent le plateau et qui sans même qu’on s’en aperçoive, en font un marché ou un banquet, c’est un peu magique! Je compte aussi sur la scénographie pour mettre des étoiles dans les yeux de nos spectateurs.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est… 

C’est plutôt une anecdote que j’adore : Je m’appelle Emeline parce que ma mère (alors enceinte de mon grand frère) a assisté aux Jardins de la Vieille dans lesquels elle a entendu pour la première fois le prénom Emeline. 15 ans plus tard, je voyais les Jardins pour la première fois, 19 ans plus tard j’y prenais part et depuis 3 ans je fais partie du comité! 

Comment j’imagine Delémont en 2086? 

Je l’espère encore plus vivante et dynamique, plus verte et plus culturelle!

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Je les adore ! Il y en a toujours eu dans le jardin de mon papa, et aujourd’hui, il y en a dans le mien! 

Comment j’ai découvert les Jardins ? 

Mes parents m’ont emmené voir Révolte aux Jardins quand j’étais plus jeune. J’aimais et faisais déjà du théâtre, j’avais été impressionnée par ce grand spectacle et je me souviens m’être dit que devoir attendre 4 ans avant de pouvoir y participer c’était long.

Les Jardins des 12000: Stéphane Thies

Mise en scène: Stéphane Thies

Le metteur en scène des Jardins des 12000 est jeune et Jurassien. Ce projet est le plus grand auquel il fait face. «Par le nombre de personnes impliquées, l’ampleur du lieu, la logistique et l’ambition artistique. Mais cela ne change pas vraiment mon processus: je pars toujours des idées, du texte, des interprètes et de ce qui se construit au plateau. Tout se nourrit en permanence, et mon travail consiste à garder une vision d’ensemble tout en restant attentif à chacun», explique-t-il. Ce spectacle est sorti tout droit de son imagination. «Au cœur du projet, il y a l’idée d’une ville qui doit s’unir, d’un groupe qui se rassemble pour faire face ensemble. Je voulais parler de notre rapport au territoire, à notre manière de vivre ensemble et à ce que l’on considère comme acquis, en partant d’une situation concrète qui vient bouleverser tout cet équilibre.» Il s’est approché de l’auteur Nicolas Turon pour que ses idées prennent vie dans un texte. «La collaboration avec Nicolas a été très stimulante. Il a une écriture très visuelle, avec un vrai goût pour les personnages et les situations. Il est aussi très efficace: il comprend vite les besoins du projet et sait proposer des solutions concrètes. Nous avons beaucoup échangé pour trouver l’équilibre entre son univers et l’ampleur du spectacle», raconte Stéphane Thies, qui avoue adorer le moment où «les mots quittent la page, commencent à appartenir aux comédiens et que les personnages apparaissent vraiment. C’est là que le spectacle commence à vivre.» La recette de la réussite de ce spectacle? «Que toutes les personnes impliquées aient le sentiment d’avoir participé à une aventure hors norme et que le public entre pleinement dans l’univers du spectacle. Que l’ampleur impressionne, mais qu’on retienne surtout les personnages, leurs liens et la force du collectif.» 

Avec «ses» Jardins des 12000, Stéphane Thies espère toucher le public. «Pendant la représentation, j’aimerais que les spectateurs passent par la curiosité, le rire, la surprise et l’inquiétude, qu’ils se sentent pleinement plongés dans l’histoire et ne voient pas le temps passer. Après, j’aimerais qu’ils repartent avec l’envie d’en parler et quelques questions.» 

Du tac au tac

Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins…

De vivre une aventure collective forte, de rencontrer beaucoup de monde et de voir naître un spectacle hors norme.

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Vivante, avec plein de lieux où l’on se rencontre.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Beaucoup. Mais je crois que je les préfère encore quand ils deviennent le prétexte à inventer tout un monde.

Comment j’ai découvert les Jardins?

D’abord comme spectateur, quand j’étais enfant. Je me souviens notamment d’avoir vu le Francis Charmillot décoller sur un scarabée géant. C’est une image qui m’est restée!

Les Jardins des 12000: Nicolas Turon

L’auteur: Nicolas Turon

Nicolas Turon est un «amoureux de la chose dite et de la chose écrite», comme il se définit lui-même. «Qu’elle le soit sur scène ou à la radio, dans les livres ou les bandes-dessinées. Plus jeune, la littérature et le théâtre m’ont sauvé la vie, alors je m’efforce aujourd’hui de leur rendre tout ce qu’ils m’ont apporté.» 

Sa contribution aux Jardins des 12000, c’est d’en signer le texte. «Le challenge d’écrire pour une grande distribution était très motivant pour moi qui ai plutôt l’habitude des textes ramassés pour un ou deux comédiens.» Comment se passe l’écriture d’un spectacle comme celui-ci? «Je fais beaucoup de croquis, de dessins et de schémas en amont, pour fixer les enjeux et les relations entre les personnages. L’intrigue est littéralement “storyboardée” et puis, quand tout est clair dans ma tête, je me lance dans le bavardage… Là, je prends mon pied, car écrire des dialogues est l’étape que je préfère», raconte Nicolas Turon. 

Le Français tisse un lien fort avec le Jura depuis plusieurs années. «J’ai déjà eu l’occasion de le sillonner à plusieurs reprises, de l’Ajoie aux Franches-Montagnes, pour l’écriture d’un polar et la conception d’une série de podcasts intitulée Entre les lignes.  Et je n’en finis plus de découvrir Delémont, que j’ai déjà eu la chance de fréquenter lors d’autres missions.» Il est notamment monté plusieurs fois sur la scène du Théâtre du Jura. 

Et quand on lui demande quel compliment il aimerait recevoir du public après la représentation, il répond simplement qu’il préfère qu’on l’oublie. «Place à la rencontre entre les comédiens et le public, c’est à eux que le spectacle appartient, désormais.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est…

 Cette rencontre avec les organisateurs, deux ou trois années avant l’échéance. Un repas passé à rire et imaginer, à l’heure où tout était encore possible…

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Comme une capitale d’Empire, assurément. En 2086, la Suisse aura pris le contrôle d’une bonne partie de l’Occident, qui aura enfin compris que le collectif avance à coups de négociations et de compromis.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Je les aime passionnément lorsqu’ils sont plats, tièdes, en salade avec de l’échalotte et un peu de vinaigrette.

Comment j’ai découvert les Jardins?

Grâce à l’excellent Stéphane Thies, le metteur en scène de ce spectacle, qui m’a parlé de la démesure de cette aventure, collective s’il en est !