Les Jardins des 12000: Ana Radic

Circosphère: Ana Radic

Acteurs, chanteurs, musiciens: voilà la recette de base de tous les spectacles des Jardins. Pour les représentations de ce mois d’août 2026, le metteur en scène Stéphane Thies y a ajouté les prestations d’artistes de cirque. C’est ainsi qu’une collaboration a été nouée avec Circosphère. «Pour notre école, cette participation représente une belle opportunité de participer à un spectacle d’envergure», se réjouit Ana Radic, directrice de Circosphère. «Le fait que notre école fasse partie du site de SAFED, où se joue le spectacle, nous a motivé à rejoindre l’aventure. Nous nous réjouissons aussi de la mise en lumière des acteurs locaux.»

Entre 6 et 9 élèves de l’école de cirque, encadrés par deux responsables, participeront à chaque représentation. «Au début de la création du spectacle, nous avons effectué les répétitions dans notre infrastructure, avant de nous intégrer et de nous adapter aux différentes scènes», explique Ana Radic.

Du tac au tac

«Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins »

Vivre un moment hors du temps, partagé avec tout le monde qui gravite autour de ce spectacle et construire de beaux souvenirs. 

«Comment j’imagine Delémont en 2086?»

CHAUD! Bouillant. J’espère une évolution dans la technologie des transports et de l’énergie. Mais j’ai l’impression que nous nous dirigeons plus vers un futur à la Mad Max. 

«Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?»

Haricot un jour, haricot toujours! 

«Comment j’ai découvert les Jardins?»

Cela se passe dans les jardins de Circosphère, donc c’était plutôt facile. 

Les Jardins des 12000: Véronique Piller

Piano: Véronique Piller

«Je me suis tout de suite sentie à l’aise parmi les Jurassiens qui sont toujours accueillants, sympathiques et enthousiastes. Je trouve que les relations humaines sont particulièrement cultivées ici, notamment entre les générations. C’est beau à voir et à vivre», raconte Véronique Piller. La pianiste fribourgeoise – elle joue de cet instrument depuis l’âge de 8 ans –  est bien connue dans la région, elle s’y produit très souvent et fait partie de l’aventure des Jardins depuis 2013, grâce à une rencontre faite quelques années plus tôt avec Blaise Héritier. 

A côté de son activité d’enseignement au Conservatoire de Fribourg, Véronique Piller joue avec de nombreux chœurs romands dans des répertoires très divers. «Dès que j’ai su aligner quelques notes, j’ai fait de l’accompagnement, et c’est une des choses qui me plaît le plus en musique. Soutenir un ensemble, suggérer une interprétation musicale, pressentir ce que les solistes ont envie d’exprimer et jouer la bonne note au bon moment, voilà ce qui me plaît », assure-t-elle. La Fribourgeoise travaille depuis plusieurs mois la partie musicale des Jardins des 12000 avec le chœur : «Le répertoire choisi me plaît: les chansons sont variées, entraînantes et intéressantes musicalement. Le directeur du chœur Bertrand Steullet fait un excellent travail avec ses choristes; il vise un résultat et sait l’obtenir tout en entretenant la motivation et le désir de bien faire », apprécie-t-elle. La partie musicale de ces Jardins version 2026 n’a vite plus eu de secret pour elle, mais pour le reste, elle a préféré garder le mystère le plus longtemps possible. «Comme j’aime bien les surprises, j’ai fait exprès de ne pas lire le texte, et je n’avais donc qu’une vague idée du scénario avant les premières répétitions d’ensemble.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est…

J’apprécie beaucoup les figures équestres à chaque spectacle. Lors de celui de 2013, les chevaux évoluaient tout près de la cahute où était l’orchestre, je voyais la terre soulevée par leurs sabots et les entendais souffler. La puissance et la majesté de ces animaux m’impressionne, tout comme la relation entre eux et leurs cavaliers.

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Je dois dire que je n’y ai jamais réfléchi… J’espère qu’il y aura moins d’écrans et que la convivialité et les vraies rencontres subsisteront.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Beaucoup! Cuisinés en curry bien assaisonné et agrémentés de légumes variés, c’est très bon et j’en fais régulièrement.

Comment j’ai découvert les Jardins?

Grâce à Blaise Héritier qui m’y a fait participer pour la première fois en 2013. Je lui en suis très reconnaissante et me réjouis de chaque nouveau spectacle.

Les Jardins des 12000: Bertrand Steullet

Le directeur du chœur: Bertrand Steullet

«Diriger le chœur des Jardins représente, à chaque édition, un nouveau défi. Cela demande beaucoup de travail, de patience et d’investissement, mais c’est aussi une formidable source de satisfaction. Les émotions partagées, les rencontres et les liens d’amitié qui se créent tout au long de l’aventure en font une expérience humaine exceptionnelle», souligne Bertrand Steullet, qui dirigera la chorale pour la 5e fois. «La grande majorité des choristes sont des fidèles des Jardins et reviennent avec plaisir à chaque édition. De nouvelles voix viennent régulièrement nous rejoindre, tandis que certains choisissent de tourner la page. C’est un bel équilibre entre anciens et nouveaux, et très vite, une véritable famille se forme. Le seul regret est de voir de moins en moins de jeunes s’investir dans une aventure aussi enrichissante.»

Cinq participations, mais une aventure différente à chaque fois. «Cette année, nous partons dans le futur, avec une histoire où l’on cultive des haricots, où l’on s’échine à maintenir une population dans un nombre respectable, le tout avec une belle pointe d’humour. J’apprécie également le choix des chants, plus actuels et plus vivants, qui apportent une énergie particulière au spectacle», se réjouit celui qui dirige également la chorale Corb’enchante depuis plus de 40 ans. Les projets d’envergure, il en a donc l’habitude et la musique fait partie intégrante de sa vie puisqu’il pratique l’euphonium au sein de fanfare de son village depuis 45 ans.  

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est…

Il y en a tellement qu’il est difficile d’en choisir un seul. Chaque édition laisse des souvenirs différents, mais tous ont en commun une magnifique aventure humaine et artistique.

Comment j’imagine Delémont en 2086 ?

Avec beaucoup de verdure… et des haricots partout !

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Passionnément! J’en cultive d’ailleurs avec beaucoup de plaisir dans mon jardin.

Comment j’ai découvert les Jardins ?

Grâce à une invitation pour l’édition des Jardins du Paradis. J’avais beaucoup apprécié le spectacle sans imaginer qu’un jour je participerais moi-même à cette aventure, qui m’accompagne désormais depuis tant d’années.

Les Jardins des 12000: Richard Chèvre

Le directeur de l’orchestre: Richard Chèvre

Richard Chèvre est lui aussi un habitué des spectacles des Jardins. Cette année encore, il dirige l’orchestre, au sein duquel il retrouve un noyau de musiciens tout aussi fidèles que lui. Diriger un orchestre éphémère comme celui des Jardins, est-ce que cela implique certaines contraintes? «La principale difficulté de l’exercice est de suivre le texte pour que la musique colle parfaitement au rythme du spectacle. La musique doit commencer et s’arrêter au bon moment. Pour y arriver, il faut parfois avoir le texte dans le casque. Quand les acteurs prennent de la liberté avec le texte, il faut être réactif», révèle-t-il. «Mais c’est toujours un réel plaisir de participer aux différentes phases de création du spectacle, puis de le présenter au public.» Dans le programme musical de cette année, il avoue une petite préférence pour la première des trois phases de la culture des haricots. Employé communal à Movelier, Richard Chèvre est passionné de musique depuis l’enfance. Il a commencé à jouer du cornet à l’âge de 7 ans, avant de passer au bugle. Il possède une expérience de directeur de fanfare et joue au sein de l’ensemble de cuivres jurassien depuis 25 ans. 

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est… 

D’avoir participé à Moutier côté Jardins avec mon épouse et nos deux enfants. Les décors et l’ambiance des Jardins de Gavrochesont aussi gravés dans ma mémoire.

Comment j’imagine Delémont 2086?

Une ville verte, sans bruit de moteur, avec une économie locale omniprésente. 

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Les haricots secs, avec de la viande fumée et des patates, font partie de mes plats préférés. 

Comment j’ai découvert les Jardins?

Lorsque Blaise Héritier m’a demandé de faire partie de l’orchestre des Jardins de Gavroche.

Les Jardins des 12000: Manon Rais

Composition et arrangements musicaux: Manon Rais

«La musique occupe une place très importante dans ma vie. Elle fait partie de mon quotidien. C’est à la fois mon métier et ma passion», révèle Manon Rais, qui enseigne la musique et dirige plusieurs ensembles de Suisse centrale. Elle a commencé par jouer de l’accordéon, puis du cornet. Une fois sa scolarité terminée, la Jurassienne a entrepris une formation à la Haute École de musique de Lucerne. Avec un bagage pareil, pas étonnant que la jeune femme se soit vue confier la composition et les arrangements de la musique jouée par l’orchestre des Jardins. «Ce qui me motive, c’est de pouvoir contribuer, à ma manière, à ce grand spectacle. Je trouve très gratifiant de savoir que la musique que je compose sera jouée à plusieurs reprises», explique celle qui trouve son inspiration dans la musique qu’elle écoute et dans celle qu’elle joue. «Toutes ces influences nourrissent naturellement mes compositions.» Pour créer la musique d’un tel spectacle, elle se base d’abord sur le script. «Les indications précisent à quels moments la musique doit intervenir, combien de temps elle doit durer, ainsi que l’ambiance et les émotions recherchées.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est…

Il remonte au tout premier spectacle que j’ai eu la chance de découvrir, Révolte aux Jardins, en 2013. L’arrivée de l’immense dragon sur scène m’avait fascinée.

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Je l’imagine évoluer avec son temps, tout en gardant son charme, sa convivialité et son authenticité.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Beaucoup, Surtout en version tex-mex !

Comment j’ai découvert les Jardins?

Grâce à ma marraine, qui m’a emmenée voir un des spectacles. 

Les Jardins des 12000: Anaïs Lhérieau

Chorégraphie: Anaïs Lhérieau

«Lorsque Stéphane Thies, avec qui j’ai la chance de collaborer depuis plusieurs années, m’a proposé l’opportunité de participer à ce spectacle, j’ai accepté tout de suite, pour deux raisons. La première étant que le concept des Jardins me semble extrêmement précieux en ces temps complexes pour la société et pour le secteur artistique en général. Participer à mon échelle à un tel spectacle est une vraie chance; je trouve que c’est un événement qui résiste, qui interroge, et démontre entre autres, le pouvoir fédérateur de la culture ainsi que sa nécessité», explique Anaïs Lhérieau. «Il y avait aussi le goût pur et simple du défi, car il s’agit de ma première chorégraphie pour grand groupe intergénérationnel, au rapport à la danse plus ou moins éloigné selon les personnes.» Anaïs Lhérieau a été stimulée par la recherche de mouvements pouvant à la fois servir au récit tout en créant un espace de liberté rendant l’interprétation possible aux danseurs. «J’ai donc tenté de proposer des mouvements accessibles à tous, selon les capacités de chacun. Mais ce qui m’importe avant tout, c’est que les participants prennent du plaisir, et peut-être s’auto-surprennent en explorant de nouveaux moyens de s’exprimer grâce au corps.»

Le spectacle de ce soir parlera beaucoup de haricots, mais dans le cas d’Anaïs Lhérieau, c’est un… lapin (et une suite d’événements un tantinet plus complexe, selon ses dires) qui, à l’âge de 9 ans, lui a donné envie de devenir actrice. À côté de la danse et du piano pratiqués au Conservatoire de Neuchâtel, elle a commencé la comédie musicale à Evaprod. C’est là qu’elle a rencontré Stéphane Thies. Anaïs Lhérieau possède de nombreuses formations, dont celle acquise à l’Accademia Teatro Dimitri. Depuis trois ans, elle collabore avec différentes compagnies aux quatre coins de la Suisse, tantôt en tant que comédienne, actrice ou danseuse. «Dès que l’occasion se présente, je continue à me former auprès d’artistes internationaux en mouvement ou en théâtre», précise-t-elle. 

Du tac au tac

Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins

J’espère avoir mis en place dans la mesure du possible, les conditions nécessaires pour que chacun raconte cette histoire avec un engagement corporel et imaginaire ancré, sincère, et une attention cultivée à la précision. Je me réjouis de voir des corps et des âmes coexister et se soutenir — pour le meilleur, mais surtout s’il survient, pour le pire!  Facile à dire depuis ma chaise confortable en gradins, n’est-ce pas?

Comment j’imagine Delémont en 2086?

Je peine à me projeter jusque-là. Jurassienne, en tout cas !

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Pantagruéliquement! (Mention spéciale à ceux de ma grand-mère qui restent inégalés à mes yeux).

Comment j’ai découvert les Jardins?

C’est une question aux saveurs de boîte de Pandore. Permettez-moi ainsi de citer Otis (Astérix et Obélix) qui saura être à la fois bref et totalement juste: « Je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres, forgent une destinée… ».

Les Jardins des 12000: Aline Dessarzin

Costumes: Aline Dessarzin

Aline Dessarzin vit sa troisième participation aux Jardins. Si sa contribution y est aussi indispensable, c’est que tous les costumes sortent de son atelier. «Pour cette édition, nous avons réalisé une quinzaine de costumes. Certains ont été confectionnés de A à Z, d’autres créés à partir de vêtements de base que nous avons transformés et adaptés aux besoins du spectacle», explique la couturière de Mervelier, qui avec son équipe de bénévoles, a également conçu des accessoires pour les acteurs ainsi que des éléments de scénographie et de décoration. Aidée de Céline, Colombe, Nesrin, Marie et Maryvonne, Aline Dessarzin planche sur les Jardins des 12000 depuis le mois de février. «Nous nous retrouvons une fois par semaine. Je peux compter sur une équipe motivée et expérimentée. Nos rencontres sont également de précieux moments d’échange qui nous permettent de partager nos idées et de trouver ensemble des solutions créatives pour certaines pièces plus complexes.»

Pour la Jurassienne, ces Jardins des 12000 représente une expérience particulière, du fait de l’univers de la pièce. «Les précédentes éditions se déroulaient dans le passé, alors que celle-ci nous projette dans le futur. Cela demande davantage d’imagination, de créativité et parfois même d’inventivité pour donner vie aux personnages. Heureusement, nous avons pu nous appuyer sur des dessins et des croquis qui nous ont aidés à définir l’esthétique souhaitée.»

Pour elle, participer aux Jardins constitue une formidable aventure humaine. «Elle me permet de rencontrer de nombreuses personnes, de créer de nouveaux liens et de partager une passion commune avec des bénévoles venus d’horizons très différents. Chaque édition et chaque thème constituent aussi une occasion de sortir de ma zone de confort, d’explorer de nouvelles idées et de me réinventer. Cette diversité est extrêmement stimulante et c’est ce qui me donne autant de plaisir à participer à chaque édition.» Et si on lui demande de citer un costume qui l’a marquée, elle n’hésite pas: « Je pense immédiatement aux costumes de l’actrice principale et de la bonne dans Les Jardins des Gueules Rouges. Il s’agissait de robes réalisées sur mesure, dont j’avais étudié et conçu le design. Ce projet m’a particulièrement marquée, tant par le travail de création que par le résultat final.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins, c’est… 

Ma première édition, Les Jardins des Gueules Rouges, jouée à Von Roll.

Comment j’imagine Delémont 2086?

Je l’imagine comme une ville portée par une population résiliente, qui aura su retrouver le sens des choses simples et préserver ce qui compte vraiment. Une ville où l’être humain vivra en harmonie avec son environnement, en prenant soin de ses espaces verts, de sa biodiversité et de la nature qui l’entoure.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

J’aime passionnément les haricots jaunes avec beaucoup de beurre. 

Comment j’ai découvert les Jardins?

En accompagnant mon mari lors d’une représentation des Jardins du Paradis, à laquelle il avait invité plusieurs clients. J’ai ensuite été contactée par l’une des membres de la Confrérie pour reprendre l’atelier de couture pour les Jardins des Gueules rouges. 

Les Jardins des 12000: Linda Krüttli

Dessins des costumes: Linda Krüttli

Les costumes font partie intégrante d’un spectacle comme celui des Jardins. Ceux de cette édition ont été dessinés par Linda Krüttli. «Lors de ma création, j’ai fait en sorte qu’ils soient révélateurs d’une époque future encore inconnue, mais qu’ils portent pour la plupart le poids du passé, la pauvreté et la misère. Ceux du corps militaire et politique en revanche se veulent révélateurs du fanatisme voué à l’impératrice. C’est là le rôle des costumes dans ce spectacle comme dans n’importe quel autre: situer le spectateur visuellement sur le contexte, l’époque ou encore les enjeux sociaux», révèle-t-elle. Le dessin des costumes a nécessité plusieurs semaines de recherches et de dessins à Linda Krüttli. «Il y a beaucoup de personnages à imaginer, et il faut déceler pour chacun d’eux ce qui les rend uniques dans le texte», précise-t-elle. Ce qui l’a motivé à participer à l’aventure des Jardins? «On n’a pas souvent la chance de pouvoir imaginer une Suisse future et dystopique. Ça a été un exercice très plaisant. La création en collaboration avec Stéphane Thies est toujours très riche et stimulante», explique Linda Krüttli, qui possède une formation de créatrice de vêtements, mais aussi de costumière de théâtre. Ses diplômes en poche, elle a travaillé tantôt comme costumière, couturière ou habilleuse. Elle a déjà collaboré à plusieurs reprises avec le metteur en scène Stéphane Thies, notamment pour les Précieuses ridicules.  Récemment, elle a eu la chance de partir en tournée avec le spectacle Bovary Madame de Christophe Honoré, une création du théâtre de Vidy. Elle y a occupé la fonction de régisseuse costumes.

Du tac au tac

Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins…

C’est de m’en prendre plein les yeux, et de voir ma petite contributions s’articuler avec le travail colossal de toute l’équipe!

Comment j’imagine Delémont en 2086 ?

Bonne question, je sèche.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

J’aime beaucoup les haricots.

Comment j’ai découvert les Jardins?

Parce qu’on m’a engagé pour y travailler.

Les Jardins des 12000: Dominique Milani

Décors: Dominique Milani

C’est l’édition des Jardins du Paradis, en 2009, qui a marqué les débuts de Dominique Milani au sein de la Confrérie des Jardiniers. Depuis, il crée les décors de chaque spectacle. «Ils doivent avoir l’effet immédiat de l’extraordinaire, en réel; ce n’est pas du cinéma», explique-t-il. Où puise-t-il l’inspiration? «Je travaille en collaboration avec le metteur en scène pour rendre réalisable les idées qu’il a du spectacle. Il faut ensuite réfléchir à ce qui est possible en termes techniques et aussi en possibilités budgétaires pour fabriquer les éléments de décors, intervenir sur les infrastructures scéniques, mais encore trouver des accessoires en prêt ou les acheter», explique le Jurassien qui aime particulièrement chercher des solutions «pour mettre les spectateurs dans l’illusion du décor.» Dans le spectacle que vous allez découvrir ce soir, Dominique Milani avoue un coup de cœur pour un élément spécial du décor; les vélos-sidecars, fabriqués en collaboration avec le Vilebrequin. «Leur atelier se trouve dans le même complexe que le spectacle, c’est très amusant.» Avec les Jardins de 12000, Dominique Milani prend part à son cinquième spectacle. Chacun a sa propre histoire mais les Jardins des Gueules rouges gardent une place particulière dans sa mémoire. «J’ai aimé cette scénographie dans le cadre historique du fer à Delémont. La construction d’une mine, d’une maison de maître, une énorme toile représentant le travail de l’extraction du fer en fond de scène mais aussi les différents tableaux, les costumes, les chants et les chevaux.»

Du tac au tac

Mon plus beau souvenir des Jardins c’est…

J’en ai deux. L’arrivée du dragon pour Révolte aux Jardins. Une collaboration avec les créateurs du carnaval de Nice. Une idée complètement folle au départ, mais réalisée après de maints échanges. C’était un convoi spécial depuis Nice. On a mesuré et sécurisé plusieurs ronds-points sur le trajet et on a dû verser une grande caution à la douane. Et «Les Jardins des Gueules rouges. Une mine reconstituée de trois galeries superposées. Le spectacle se déroulait sur le site où l’on fond, façonne et travaille le fer. 

Comment j’imagine Delémont en 2086 

La vieille ville toujours pareille j’espère, et un quartier de la gare plus développé avec de véritables pistes pour les vélos, avec plus d’arbres et moins de places pour les voitures qui, j’espère, seront à parquer en périphérie.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ?  

Je les adore, l’été, cuits en salade, c’est le top. C’est un de mes légumes préférés.

Comment j’ai découvert les Jardins: 

On est venu me chercher pour Les Jardins du Paradis, dans l’urgence, à 6 mois de la première. C’était une grande expérience. Heureusement j’ai pu compter sur mes collègues de Bâle qui sont venus en renfort ainsi que sur mes enfants et mes amis pour la réalisation des divers éléments.

Les Jardins des 12000: Christèle Ortu

Collaboration artistique: Christèle Ortu

Née en Allemagne en 1987, Christèle Ortu est metteuse en scène, dramaturge et assistante à la mise en scène. Elle vit à Paris et travaille en France, en Allemagne et en Suisse. «J’ai rencontré Stéphane Thies au cours de mes études de théâtre. J’ai rejoint l’aventure des Jardins à sa demande, en vue de la préparation artistique. Nous avons travaillé sur le projet durant une semaine, en avril 2025», explique celle qui a sur sa carte de visite un parcours international entre théâtre, performance et opéra. Ses créations s’appuient sur des textes contemporains ou sur l’adaptation de classiques et interrogent notre rapport au monde actuel à travers un travail d’écriture de plateau. La traduction et l’adaptation occupent une place importante dans sa recherche artistique. Elle mène différents ateliers pour des comédiens et des étudiants en art dramatique ou en mise en scène. 

Sa prochaine mise en scène sera une écriture de solo dont la création est prévue pour 2028.

Du tac au tac

Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins…

Je suis très contente de cette première expérience. J’ai découvert les Jardins grâce à Stéphane Thies. Je suis très fière de le voir à la direction artistique et à la mise en scène de ce spectacle.  

Comment j’imagine Delémont 2086?

Comme une ville qui a grandi sans perdre son échelle humaine. J’essaie de ne pas la voir comme dans notre pièce, mais pas mal de choses se retrouvent dans mon imaginaire. Les rues sont devenues plus silencieuses : les voitures ont presque disparu du centre, remplacées par des transports autonomes, des vélos et de larges espaces végétalisés. Les façades historiques cohabitent avec des bâtiments en bois et en matériaux recyclés, capables de produire leur propre énergie. La Sorne a retrouvé une place centrale, bordée de jardins et de lieux de rencontre. Les habitants cultivent une partie de leur alimentation en ville, sur les toits ou dans des fermes verticales. La technologie est omniprésente mais discrète : elle facilite les déplacements, la santé ou la gestion des ressources sans envahir le quotidien. Delémont est devenue une ville qui privilégie le lien social, la proximité et l’adaptation au changement climatique, tout en restant profondément attachée à son identité jurassienne.

Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?

Les haricots je les aime à la folie!

Comment j’ai découvert les Jardins?

Grâce à Stéphane Thies.