Chorégraphie: Anaïs Lhérieau
«Lorsque Stéphane Thies, avec qui j’ai la chance de collaborer depuis plusieurs années, m’a proposé l’opportunité de participer à ce spectacle, j’ai accepté tout de suite, pour deux raisons. La première étant que le concept des Jardins me semble extrêmement précieux en ces temps complexes pour la société et pour le secteur artistique en général. Participer à mon échelle à un tel spectacle est une vraie chance; je trouve que c’est un événement qui résiste, qui interroge, et démontre entre autres, le pouvoir fédérateur de la culture ainsi que sa nécessité», explique Anaïs Lhérieau. «Il y avait aussi le goût pur et simple du défi, car il s’agit de ma première chorégraphie pour grand groupe intergénérationnel, au rapport à la danse plus ou moins éloigné selon les personnes.» Anaïs Lhérieau a été stimulée par la recherche de mouvements pouvant à la fois servir au récit tout en créant un espace de liberté rendant l’interprétation possible aux danseurs. «J’ai donc tenté de proposer des mouvements accessibles à tous, selon les capacités de chacun. Mais ce qui m’importe avant tout, c’est que les participants prennent du plaisir, et peut-être s’auto-surprennent en explorant de nouveaux moyens de s’exprimer grâce au corps.»
Le spectacle de ce soir parlera beaucoup de haricots, mais dans le cas d’Anaïs Lhérieau, c’est un… lapin (et une suite d’événements un tantinet plus complexe, selon ses dires) qui, à l’âge de 9 ans, lui a donné envie de devenir actrice. À côté de la danse et du piano pratiqués au Conservatoire de Neuchâtel, elle a commencé la comédie musicale à Evaprod. C’est là qu’elle a rencontré Stéphane Thies. Anaïs Lhérieau possède de nombreuses formations, dont celle acquise à l’Accademia Teatro Dimitri. Depuis trois ans, elle collabore avec différentes compagnies aux quatre coins de la Suisse, tantôt en tant que comédienne, actrice ou danseuse. «Dès que l’occasion se présente, je continue à me former auprès d’artistes internationaux en mouvement ou en théâtre», précise-t-elle.
Du tac au tac
Ce que j’attends de ma première participation aux Jardins
J’espère avoir mis en place dans la mesure du possible, les conditions nécessaires pour que chacun raconte cette histoire avec un engagement corporel et imaginaire ancré, sincère, et une attention cultivée à la précision. Je me réjouis de voir des corps et des âmes coexister et se soutenir — pour le meilleur, mais surtout s’il survient, pour le pire! Facile à dire depuis ma chaise confortable en gradins, n’est-ce pas?
Comment j’imagine Delémont en 2086?
Je peine à me projeter jusque-là. Jurassienne, en tout cas !
Les haricots, je les aime… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout?
Pantagruéliquement! (Mention spéciale à ceux de ma grand-mère qui restent inégalés à mes yeux).
Comment j’ai découvert les Jardins?
C’est une question aux saveurs de boîte de Pandore. Permettez-moi ainsi de citer Otis (Astérix et Obélix) qui saura être à la fois bref et totalement juste: « Je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres, forgent une destinée… ».